Bouger en harmonie : se sentir bien dans son corps et dans sa tête

Anne, 62 ans, Chercheuse en cancérologie à l’institut Bordet

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Je m’appelle Anne, j’ai 64 ans et je suis chercheuse à l’Institut Jules Bordet. Je suis passionnée par mon métier, et bien que mes activités à l’Institut soient surtout axées sur la recherche fondamentale, je côtoie cliniciens, patients, soignants … depuis de nombreuses années, observant au fil des ans l’évolution de la prise en charge de patients dans le domaine de l’oncologie. Depuis toujours, je m’intéresse aux bienfaits de l’activité physique pour la santé, plus particulièrement pour les personnes atteintes d’un cancer. Le sport fait partie intégrante de ma vie depuis que je m’en souvienne, avec un coup de cœur pour les activités extérieures, la course à pied, le VTT, la natation en eau vive, et plus récemment je me suis découvert une passion pour le cross-fit. A côté de l’aspect purement sportif, l’activité physique libère en soi une force et une sérénité qui se répercutent sur tous les aspects de la vie, professionnelle, familiale, personnelle … Après des années de scepticisme de la part du corps médical, il est aujourd’hui démontré que l’activité physique améliore incontestablement la fatigue liée au cancer et à ses traitements ainsi que la qualité de vie pendant et après la maladie. Elle stimule le système immunitaire et réduit significativement la probabilité de récidive. Oui, ça semble aller de soi, mais non, en pratique ça ne l’est pas.

Le monde s’arrête de tourner fin août 2021 quand tombe pour Odile, ma fille aînée qui a alors 32 ans, le diagnostic d’un double cancer, un cancer colorectal et un cancer du sein. En tant que chercheuse et maman, je partage avec elle et le corps médical/soignant toutes les étapes d’un traitement long et lourd - double - auquel elle fait face. Au gré des rencontres, et arrivant au bout du traitement « classique », nous avons la chance de partager notre souhait de ne pas s’arrêter là, de prendre en main l’après-traitement, avec un staff médical d’avant-garde. Odile se voit proposer des projets innovants de « survivorship » axés – entre autres - sur l’activité sportive. Un an après les chirurgies, quelques mois après la fin des chimiothérapies, elle court les 20 km de Bruxelles, entraînée par des kinés de l’Insititut, elle qui n’avait jamais couru. Aujourd’hui, elle s’est mise aux longueurs de piscine en maillot IKONO. La rencontre avec Claire est un véritable hit, tant pour elle que pour moi. L’émulation créée par sa ligne de maillots colorés et féminins, adaptés aux femmes ayant subi des chirurgies, le désir de retour à une image de soi, à une féminité retrouvée, à un corps actif et à un futur différent …

J’ai eu la chance de rencontrer des personnes magnifiques au cours de ce trajet inattendu. Cela n’a pas altéré ma conviction que se bouger c’est le bonheur, mais cela m’a confirmé qu’il est précieux de faire connaître cette possibilité, cette philosophie de vie, à des personnes en souffrance. Le corps a des ressources insoupçonnées. Il faut aller les chercher. Qu’elles soient douces et légères, ou plus vigoureuses et physiques, à chacun(e) sa tendance. Bouger en harmonie est une façon de reprendre confiance dans ce monde, de faire ce qu’on n’aurait jamais cru possible avant la maladie. De retrouver insouciance et bonheur …